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Quand les grandes entreprises verrouillent les données de leurs consommateurs

Posté le 26 septembre 2012 by Economie Nouvelle

Disrupt ! Bouleversez ! Remettez en question l’organisation établie… telle est la mentalité de nombreuses startups qui cherchent à améliorer la vie de leurs utilisateurs. Mais dans beaucoup de secteurs, on ne peut pas simplement lancer une entreprise qui va améliorer la situation sur tous les plans. Certains secteurs demandent de tels investissements que les startups essayent plutôt d’améliorer l’expérience du consommateur avec les entreprises existantes. Essayez donc de lancer une compagnie aérienne mondiale, un réseau de métro ou un opérateur de téléphonie mobile…

Mais que faire alors quand ces grandes entreprises, pour un grand nombre très anciennes, refusent le libre accès aux données de leur consommateurs et à certaines de leur données (réservations, points de fidélité…) qui peuvent sembler publiques (horaires, plans, correspondances…) ? Alors que des politiques d’Open Data fleurissent partout dans le monde, les consommateurs maitrisent-ils ce qu’ils pensent être leurs données ?

L’exemple des compagnies aériennes

Parmi les secteurs où il est difficile de recréer une société de A à Z, il y a les grandes compagnies aériennes. Un certain nombre de startups se sont néanmoins attelées à la tâche d’aider les passagers à tirer profit des miles et autres points de fidélité, en indiquant les meilleures affaires où en suivant les dates de validité.

Là où le bât blesse, c’est que plusieurs grandes compagnies notamment Delta, American Airlines ou Southwest empêchent ces startups d’accéder aux données sous couvert de « raisons de sécurité » diverses. Évidemment, ces compagnies cherchent également à garder le contrôle sur leurs clients afin de pouvoir leur vendre des services complémentaires (voitures de location, hôtels…)

Mais les passagers fréquents, ceux-là même qui contribuent le plus au chiffre d’affaires des grandes compagnies sont ceux qui sont affectés. Comment ont-ils pu oser penser que l’information du nombre de miles accumulés leur appartenait et qu’ils pouvaient en faire ce qu’ils souhaitaient ? La notion de données personnelles est donc ici difficile à saisir pour les utilisateurs finaux.

Capitaine train

Un exemple plus proche de nous est celui de Capitaine Train. Comme l’explique elle-même cette startup « En février 2009, l’Autorité de la Concurrence condamne la SNCF : elle empêchait les agences de voyages de vendre des billets de train sur Internet. Celle-ci s’engage alors à traiter toutes les agences de voyages à égalité avec sa filiale, voyages-sncf.com« 

Là encore la SNCF verrouillait l’accès aux consommateurs même à ceux lassés par le fiasco complet qu’est l’interface utilisateur du site officiel de la SNCF. Capitaine Train vient de lever 1,4 million d’euros ce qui devrait considérablement accélérer son développement.

RATP vs MyMetro

Nous en parlions récemment, la RATP a fait un timide pas vers l’Open Data en donnant accès à son plan de métro ainsi qu’à quelques-unes de ses données. La régie garde par contre toujours les horaires sous bonne garde, mais là, une cause financière plus complexe pourrait bien jouer.

Free Mobile

Et enfin pour conclure ces exemples loin d’être exhaustifs, revenons sur Free Mobile, branche d’un groupe habitué à être disrupter mais qui cette fois ci joue un autre rôle: Free Mobile ne proposant pas d’application mobile permettant de gérer son compte depuis un smartphone, plusieurs développeurs se sont attelés à créer de telles app, pour au final voir Free mettre en place un système d’identification destiné à les bloquer tout en étant extrêmement peu pratique : le célèbre clavier virtuel bien connu des usagers de banques en ligne.

Des Hackahtons pour développer l’Open Data ?

Partant de ces constats on peut se demander si les gouvernements et tous les échelons d’un État (ville, régions, ministères, écoles…) ne devraient pas montrer l’exemple. Mais une fois les données ouvertes encore faut-il que le public puisse les utiliser. D’où l’idée d’organiser des Hackathons, véritables concours de création d’applications ou de services permettant de convertir des bases de données en éléments exploitables. La ville de New-York, via son concours NYC BigApps est l’exemple type de ce qui peut se faire.

Les limites de l’Open Data

Tous ces exemples mettent en avant le problème de définir quelles sont les données qui peuvent et qui doivent être ouvertes. Au niveau du Public, doit-t-on rendre accessible la rémunération de chaque élu ? Les dossiers de chaque fonctionnaire ? Du côté du privée, à l’instar du débat sur les brevets, où doit-on tracer la ligne entre des objectifs d’interopérabilité et la protection des investissements commerciaux des entreprises ?

Que pensez-vous de l’évolution de  l’open data ?

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